« Que les uns, qui ne savent pas, apprennent ; que les autres, qui savent, se souviennent. »


[ Jean François Hénault ] (1685-1770) , magistrat et écrivain, président au parlement de Paris, petit fils de MARIE LE MOYNE

 

Charles-Jean-François HÉNAULT (1685-1770)

Élu en 1723 au fauteuil 28 de l Academie Francaise

Prédécesseur : Guillaume DUBOIS
Successeur : Charles-Just de BEAUVAU

Discours et travaux académiques
Magistrat – Ecrivain – Homme d’Etat
Biographie

Né à Paris, le 8 février 1685.
Président au Parlement de Paris, surintendant de la maison de la reine, il fut l’ami de Mmes de Lambert, de Brancas, Du Deffand, et de Fontenelle et de Voltaire, et le protecteur des gens de lettres qu’il recevait libéralement à sa table.

On l’appelait « le président ».

Lauréat des Jeux Floraux et de l’Académie française, il eut le prix d’éloquence en 1707 et un accessit en 1709.

Il remplaça le cardinal Dubois le 30 septembre 1723, et fut reçu par le comte de Morville, dont il écrivit lui-même le discours, le 23 décembre 1723. Admirateur et disciple de Fontenelle. Il fut hostile à la candidature de d’Alembert, reçut le président Bouhier, et fit partie de l’Académie des Inscriptions, de l’académie de Nancy et de plusieurs académies étrangères.

Hénault fut très discuté par Voltaire, Collé, Grimm. Il a laissé deux tragédies sous les pseudonymes Fuzelier et de Caux, un Abrégé chronologique de l’histoire de France, des poésies légères et des chansons.

M. Henri Lion a écrit le Président Hénault.

Mort le 24 décembre 1770.

M. le vicomte de Poli ayant fait hommage à M. le vicomte de Margon de ses Chansons Toscanes, le charmant poète octogénaire lui a fait l'honneur de répondre à ce modeste hommage par ces beaux "Vers inspirés qui jaillissent du coeur."

RAYONS ET OMBRES

 

D'un âge heureux, qui ne peut revenir,

Vos beaux Sonnets et vos Chansons jolies

Ont fait revivre en moi le souvenir :

Rayons et fleurs, triomphes et folies,

 

 

Tendres soupirs et timides aveux,

Serments d'amour, effluves de tendresse,

Franche gaîté, bals et festins joyeux,

Baisers dans l'ombre et délivrante ivresse,

 

Vers inspirés qui jaillissent du coeur,

Enchantements qui font l'âme ravie,

C'est le printemps, la jeunesse, la vie,

Sous le ciel bleu l'amour et le bonheur.

 

Puis vient l'automne, où l'âme se recueille,

Où l'esprit cherche à devenir fécond;

Lors, si l'amour, quand toute fleur s'effeuille,

Survit, plus calme, il devient plus profond,

 

Il ne meurt plus, car, de celle qu'il aime,

L'homme qui suit, en pleurant, le cercueil,

Sent que son coeur est, jusqu'au jour suprême,

Enveloppé dans un voile de deuil.

 

II est encor pour nous un deuil plein de tristesse :

C'est le deuil de notre jeunesse.

Dés que sur notre front la coquette a cru voir

Une ride, elle fuit; en vain on la regrette;

On l'appelle en pleurant, rien ne peut l'émouvoir;

On lui fait les yeux doux, on lui conte fleurette,

Prières, cris, appels demeurent superflus

Une fois envolée, elle ne revient plus.

Elle a, comme la mort, des rigueurs sans pareilles

On a beâu la prier,

La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles

Et nous laisse crier !

 

A. De Margon

GENERAL JACQUINOT